Pilule du lendemain : mode d'emploi, délais et effets à connaître
- Deux pilules du lendemain existent en France : le lévonorgestrel (efficace jusqu'à 72 heures) et l'ulipristal acétate (efficace jusqu'à 120 heures).
- Elle agit en retardant l'ovulation — ce n'est pas une pilule abortive.
- Plus elle est prise tôt après le rapport non protégé, plus elle est efficace.
- Disponible en pharmacie sans ordonnance, gratuite et anonyme pour les mineures.
- Pilule du lendemain : définition et types disponibles
- Comment agit la contraception d'urgence ?
- Délais à respecter et efficacité
- Effets secondaires et précautions
- Où se la procurer et à quel prix ?
- Après la prise : les réflexes à adopter
- Questions fréquentes
La pilule du lendemain est une contraception d'urgence utilisée après un rapport sexuel non ou mal protégé. Chaque année en France, environ 1 million de boîtes sont délivrées en pharmacie. Pourtant, son fonctionnement, ses délais et ses effets restent souvent mal compris. Voici ce que vous devez savoir pour l'utiliser correctement et en toute sérénité.
Pilule du lendemain : définition et types disponibles
La contraception d'urgence hormonale est un médicament à prendre par voie orale après un rapport à risque de grossesse. Elle ne remplace pas une contraception régulière, mais constitue un filet de sécurité ponctuel.
En France, deux molécules sont disponibles sans ordonnance :
- Lévonorgestrel (Norlevo® et génériques) : un comprimé unique de 1,5 mg, à prendre dans les 72 heures (3 jours) suivant le rapport.
- Ulipristal acétate (EllaOne®) : un comprimé de 30 mg, efficace jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport.
Il existe aussi le dispositif intra-utérin au cuivre (DIU), posé par un médecin ou une sage-femme dans les 5 jours. C'est la méthode d'urgence la plus efficace, mais elle nécessite une consultation.
Comment agit la contraception d'urgence ?
La pilule du lendemain agit principalement en retardant ou bloquant l'ovulation. Si l'ovule n'est pas libéré, la fécondation ne peut pas avoir lieu. C'est un point essentiel : elle n'empêche pas l'implantation d'un embryon.
Autrement dit, la contraception d'urgence hormonale n'est pas abortive. Si la fécondation a déjà eu lieu, elle ne l'interrompra pas. C'est pourquoi le facteur temps est déterminant : si l'ovulation est déjà passée, le comprimé n'aura plus d'effet préventif.
L'ulipristal acétate a un avantage : il reste partiellement actif même lorsque le pic hormonal déclenchant l'ovulation a déjà commencé, là où le lévonorgestrel perd son efficacité à ce stade.
Délais à respecter et efficacité
La règle est simple : plus la prise est précoce, plus l'efficacité est élevée. Chaque heure compte.
| Molécule | Délai maximal | Efficacité estimée |
|---|---|---|
| Lévonorgestrel | 72 heures (3 jours) | 85 % dans les 24 h, diminue ensuite |
| Ulipristal acétate | 120 heures (5 jours) | Environ 98 % dans les 24 h |
| DIU au cuivre | 120 heures (5 jours) | Supérieure à 99 % |
Attention : ces chiffres sont des moyennes. L'efficacité varie selon le moment du cycle et le délai réel de prise. Passé 24 heures, l'efficacité du lévonorgestrel chute significativement. Si le rapport remonte à plus de 3 jours, l'ulipristal acétate ou le DIU au cuivre sont les seules options valables.
Effets secondaires et précautions
Les effets indésirables sont généralement modérés et temporaires. Ils disparaissent en un à deux jours dans la grande majorité des cas.
- Nausées (vomissements dans environ 5 % des cas — si vous vomissez dans les 3 heures, reprenez un comprimé)
- Maux de tête et fatigue
- Douleurs abdominales basses
- Saignements irréguliers ou spotting
- Règles décalées : avancées ou retardées de quelques jours
La pilule du lendemain ne présente aucune contre-indication grave connue. Elle peut être prise par les femmes qui n'utilisent habituellement pas de contraception hormonale. En cas de doute, notamment si vous prenez un traitement au long cours, le pharmacien peut vous orienter.
Un point important : la prise régulière de la contraception d'urgence n'est pas dangereuse en soi, mais elle est moins fiable qu'une contraception classique. Si vous y avez recours fréquemment, une consultation permettra de trouver la méthode adaptée à votre quotidien.
Où se la procurer et à quel prix ?
La contraception d'urgence est accessible sans ordonnance dans plusieurs lieux :
- Pharmacie : sans ordonnance, délivrance confidentielle. Le lévonorgestrel coûte entre 4 et 8 €, l'ulipristal acétate environ 20 €.
- Infirmerie scolaire : gratuite et anonyme pour les élèves du secondaire.
- Centres de planification (CPEF) : gratuite, sans condition d'âge.
Pour les mineures, la délivrance est gratuite et anonyme en pharmacie — aucune pièce d'identité ne peut être exigée. Pour les femmes majeures, le lévonorgestrel est remboursé à 100 % sur présentation d'une ordonnance.
Lors de ce passage en pharmacie, n'hésitez pas à demander un dépistage des infections sexuellement transmissibles : un rapport non protégé expose aussi au risque d'IST.
Après la prise : les réflexes à adopter
Prendre la pilule du lendemain ne suffit pas. Quelques gestes simples permettent de sécuriser la suite.
Si vos règles ne surviennent pas dans les 5 à 7 jours après la date prévue, faites un test de grossesse. Un retard ne signifie pas forcément une grossesse — le comprimé peut décaler votre cycle — mais il vaut mieux vérifier.
La contraception d'urgence ne vous protège pas pour les rapports suivants dans le même cycle. Utilisez un préservatif jusqu'aux prochaines règles. Si vous prenez une pilule contraceptive régulière, reprenez-la dès le lendemain (sauf avec l'ulipristal acétate, où un délai de 5 jours est recommandé avant de reprendre votre contraception hormonale habituelle).
En cas de douleurs inhabituelles dans le bas-ventre après un retard de règles, consultez rapidement : il peut s'agir de signes d'une grossesse ectopique, qui nécessite une prise en charge urgente.
Enfin, ce moment peut être l'occasion d'échanger avec un professionnel de santé — médecin, sage-femme ou conseiller en planification — pour faire le point sur votre suivi gynécologique et vos dépistages.
Questions fréquentes
La pilule du lendemain rend-elle stérile ?
Non. Aucune étude scientifique n'a montré d'impact de la contraception d'urgence sur la fertilité, même en cas de prises répétées. Votre capacité à concevoir revient dès le cycle suivant.
Peut-on prendre la pilule du lendemain plusieurs fois dans le même cycle ?
C'est possible sans danger immédiat, mais l'efficacité globale diminue. Si cela arrive souvent, il est préférable de consulter pour trouver une contraception régulière adaptée à votre situation.
La pilule du lendemain protège-t-elle contre les IST ?
Non. Seul le préservatif (masculin ou féminin) protège contre les infections sexuellement transmissibles. Après un rapport non protégé, un dépistage est recommandé, notamment pour la chlamydia et le VIH.
Faut-il une ordonnance pour obtenir la pilule du lendemain ?
Non. Les deux contraceptions d'urgence hormonales (lévonorgestrel et ulipristal acétate) sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Une ordonnance permet toutefois un remboursement intégral pour les femmes majeures.