Syphilis : stades, symptômes et traitement
- La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par la bactérie Treponema pallidum, en forte recrudescence en France depuis 2000.
- Elle évolue en 3 stades successifs si elle n'est pas traitée, pouvant atteindre le cœur et le système nerveux.
- Le traitement repose sur la pénicilline G, efficace à tous les stades — plus il est précoce, plus la guérison est simple.
- Le dépistage régulier par prise de sang est recommandé pour toute personne sexuellement active exposée à un risque.
- Comprendre la syphilis
- Les trois stades de la syphilis
- Dépistage : comment savoir ?
- Traitement et suivi médical
- Prévention et vie quotidienne
- Questions fréquentes
La syphilis fait partie des infections sexuellement transmissibles les plus anciennes, mais elle n'a rien d'un vestige du passé. En France, le nombre de cas diagnostiqués a été multiplié par plus de dix entre 2000 et 2022, avec environ 5 000 nouveaux cas par an selon Santé publique France. Connaître ses stades et ses symptômes permet d'agir vite — et de se protéger efficacement grâce à des gestes de prévention adaptés, comme ceux recommandés pour les rappels vaccinaux chez l'adulte.
Comprendre la syphilis
La syphilis est une infection bactérienne provoquée par Treponema pallidum. Cette bactérie en forme de spirale se transmet principalement lors de rapports sexuels non protégés — vaginaux, anaux ou oraux — par contact direct avec une lésion syphilitique.
La transmission peut aussi se produire de la mère à l'enfant pendant la grossesse. On parle alors de syphilis congénitale, une forme grave mais évitable grâce au dépistage systématique en début de grossesse.
En revanche, la syphilis ne se transmet pas par les toilettes, les poignées de porte ou le partage de couverts. Le contact doit être direct avec une muqueuse infectée.
Les trois stades de la syphilis
Non traitée, la syphilis évolue selon une progression caractéristique en trois phases, entrecoupées de périodes sans symptômes visibles.
Stade primaire : le chancre
Le premier signe apparaît 10 à 90 jours après la contamination. Il s'agit d'une petite ulcération indolore, ferme et propre, appelée chancre. Elle se situe au point de contact : organes génitaux, anus, bouche ou gorge.
Le chancre disparaît spontanément en 3 à 6 semaines, même sans traitement. Cette guérison apparente est trompeuse : la bactérie continue de se multiplier dans l'organisme.
Stade secondaire : les manifestations cutanées
Sans traitement, le stade secondaire survient 6 semaines à 6 mois après le chancre. Il se manifeste par :
- Des éruptions cutanées non prurigineuses sur le tronc, les paumes des mains et les plantes des pieds (appelées roséole syphilitique)
- Des plaques muqueuses blanchâtres dans la bouche ou sur les organes génitaux
- De la fièvre modérée, une fatigue inhabituelle, des ganglions gonflés
- Parfois une perte de cheveux par plaques (alopécie en clairière)
Ces symptômes peuvent être confondus avec d'autres affections dermatologiques. C'est pourquoi la syphilis est parfois surnommée « la grande imitatrice ».
Stade tertiaire : les complications graves
Si la maladie n'est toujours pas traitée, elle peut réapparaître des années — voire des décennies — plus tard sous une forme sévère. Le stade tertiaire touche potentiellement :
- Le système cardiovasculaire : aortite, anévrisme
- Le système nerveux central : neurosyphilis (troubles cognitifs, paralysie, démence)
- La peau et les os : lésions destructrices appelées gommes syphilitiques
Ce stade est devenu rare dans les pays disposant d'un accès aux antibiotiques, mais il rappelle l'importance d'un traitement précoce.
Dépistage : comment savoir ?
Le diagnostic de la syphilis repose sur une prise de sang recherchant les anticorps produits par l'organisme face à la bactérie. Deux types de tests existent :
| Type de test | Rôle | Exemple |
|---|---|---|
| Test non tréponémique | Dépistage initial et suivi de l'efficacité du traitement | VDRL, RPR |
| Test tréponémique | Confirmation du diagnostic | TPHA, FTA-abs |
Le dépistage est recommandé en cas de prise de risque, de changement de partenaire, ou de symptôme évocateur. Il est aussi systématique au premier trimestre de grossesse. Vous pouvez réaliser ce test en laboratoire, en CeGIDD (centre gratuit d'information et de dépistage) ou auprès de votre médecin.
Une période de silence peut exister entre la contamination et la détection des anticorps. En cas de résultat négatif après une exposition récente, un contrôle à 6 semaines est conseillé.
Traitement et suivi médical
La bonne nouvelle : la syphilis se soigne. Le traitement de référence reste une injection intramusculaire de benzathine pénicilline G (Extencilline). Au stade primaire ou secondaire, une seule injection suffit généralement.
Pour les stades tardifs ou en cas de neurosyphilis, le protocole comprend trois injections à une semaine d'intervalle, ou une administration intraveineuse de pénicilline G sur 14 jours.
En cas d'allergie à la pénicilline, des alternatives comme la doxycycline peuvent être proposées. Mais la pénicilline reste le traitement le plus efficace, et une désensibilisation est parfois envisagée.
Après le traitement, un suivi sérologique est indispensable à 3, 6 et 12 mois pour vérifier la baisse des anticorps. Ce suivi permet de confirmer la guérison et de détecter une éventuelle réinfection. Un stress important ou une période difficile peut parfois retarder la démarche de soin — si c'est votre cas, n'hésitez pas à vous faire accompagner, y compris sur le plan psychologique, comme dans le cadre d'un stress post-traumatique.
Prévention et vie quotidienne
Le préservatif — masculin ou féminin — réduit significativement le risque de transmission, sans l'éliminer totalement. Le chancre syphilitique peut en effet se situer dans une zone non couverte par le préservatif.
Les mesures de prévention essentielles :
- Utiliser un préservatif pour chaque rapport, y compris oral
- Se faire dépister régulièrement si l'on a plusieurs partenaires
- Informer son ou ses partenaires en cas de diagnostic positif, pour qu'ils puissent se faire dépister et traiter
- Éviter les rapports sexuels pendant toute la durée du traitement et jusqu'à confirmation de la guérison
Avoir eu la syphilis ne protège pas d'une nouvelle contamination. Il n'existe aucun vaccin contre cette infection. La vigilance reste donc de mise, même après guérison. En cas de douleurs dorsales aiguës liées au stress de l'annonce ou du traitement, des solutions existent pour soulager un lumbago et reprendre ses activités.
Questions fréquentes
La syphilis peut-elle guérir toute seule ?
Non. Les symptômes peuvent disparaître spontanément entre les stades, mais la bactérie reste présente dans l'organisme et continue d'évoluer. Sans antibiotique, la maladie progresse vers des complications potentiellement graves. Seul un traitement par pénicilline permet une guérison réelle.
Peut-on attraper la syphilis par un baiser ?
C'est théoriquement possible mais rare. La transmission par baiser profond ne peut survenir que si l'un des partenaires présente un chancre ou une plaque muqueuse active dans la bouche. Le risque reste très faible par rapport à la transmission sexuelle classique.
Combien de temps après un rapport à risque faut-il se faire dépister ?
Les tests sanguins deviennent positifs environ 2 à 4 semaines après la contamination. Il est recommandé de réaliser un premier test 3 semaines après l'exposition, puis un contrôle à 6 semaines pour écarter un faux négatif lié à la fenêtre sérologique.
La syphilis est-elle plus dangereuse chez la femme enceinte ?
Le danger principal concerne le fœtus. Sans traitement, la syphilis peut entraîner une fausse couche, un accouchement prématuré ou une syphilis congénitale chez le nouveau-né. C'est pourquoi un dépistage obligatoire est prévu au premier trimestre de grossesse en France.