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Arthrose

Arthrosis deformans

Spécialité
Rhumatologie
Prévalence
10 millions de personnes en France
Symptômes principaux Douleur articulaire mécanique (augmentée à l'effort), raideur matinale brève, craquements, déformation
Causes Usure du cartilage, âge, surpoids, traumatismes articulaires, facteurs génétiques
Diagnostic Radiographies (pincement articulaire, ostéophytes), pas de syndrome inflammatoire biologique
Traitement Antalgiques, AINS ponctuels, infiltrations (corticoïdes, acide hyaluronique), kinésithérapie, prothèse si sévère

Définition

L'arthrose (nom médical : Arthrosis deformans, code CIM-10 : M19, code CIM-11 : 558562409) est une maladie articulaire chronique caractérisée par la dégradation progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses au sein d'une articulation. C'est la pathologie articulaire la plus fréquente : elle touche environ 10 millions de personnes en France et relève de la spécialité rhumatologie.

Le cartilage articulaire sain agit comme un coussin amortisseur, permettant aux os de glisser l'un sur l'autre sans friction. Dans l'arthrose, ce cartilage s'amincit, se fissure et finit par disparaître par endroits. L'os sous-jacent réagit en se densifiant et en formant des excroissances osseuses appelées ostéophytes. La membrane synoviale peut s'enflammer par intermittence, provoquant des poussées douloureuses. Ce processus est lent, évoluant sur des années, et touche préférentiellement les genoux, les hanches, les mains et la colonne vertébrale.

Symptômes

Les symptômes de l'arthrose s'installent progressivement et varient en intensité selon les personnes et les articulations atteintes :

  • Douleur mécanique : c'est le symptôme cardinal. Elle augmente à l'effort, lors de la marche ou de la montée d'escaliers, et se calme au repos. Elle peut devenir permanente aux stades avancés.
  • Raideur matinale brève : sensation d'enraidissement au réveil ou après une période d'immobilité, durant généralement moins de 30 minutes (contrairement aux rhumatismes inflammatoires où elle dépasse souvent une heure).
  • Craquements articulaires : bruits de crépitation perçus lors des mouvements de l'articulation atteinte.
  • Déformations : aux stades évolués, l'articulation peut se déformer progressivement (nodosités des doigts, genu varum au genou).
  • Arthrite réactionnelle : des poussées inflammatoires (gonflement, chaleur, épanchement) peuvent survenir par intermittence, témoignant d'une irritation synoviale.
  • Perte de mobilité : limitation progressive de l'amplitude articulaire, gênant les gestes du quotidien.

L'évolution est fluctuante, alternant périodes d'accalmie et poussées douloureuses. L'arthrose ne progresse pas systématiquement vers un stade sévère.

Causes et facteurs de risque

L'arthrose résulte d'un déséquilibre entre la dégradation et la réparation du cartilage. Plusieurs facteurs concourent à ce processus :

Facteurs non modifiables

  • Âge : le principal facteur de risque. La fréquence augmente nettement après 50 ans, bien que l'arthrose ne soit pas une simple conséquence du vieillissement.
  • Facteurs génétiques : une prédisposition familiale existe, notamment pour l'arthrose des mains.
  • Sexe : les femmes sont plus touchées après la ménopause, suggérant un rôle hormonal.

Facteurs modifiables

  • Surpoids et obésité : chaque kilogramme excédentaire augmente la charge sur les articulations portantes. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la perte de poids est l'une des mesures les plus efficaces pour ralentir la progression de la gonarthrose.
  • Traumatismes articulaires : fractures articulaires, entorses graves, lésions méniscales ou ligamentaires favorisent une arthrose secondaire.
  • Sollicitations répétitives : certaines activités professionnelles ou sportives exposant à des microtraumatismes répétés.
  • Sédentarité : l'inactivité physique affaiblit les muscles péri-articulaires qui protègent le cartilage.

Diagnostic

Le diagnostic de l'arthrose est essentiellement clinique et radiographique. Il est posé par le médecin traitant ou le rhumatologue.

  • Examen clinique : le médecin recherche la douleur à la mobilisation, les craquements, les déformations et la limitation d'amplitude articulaire.
  • Radiographies standard : elles constituent l'examen de référence et montrent les signes caractéristiques : pincement de l'interligne articulaire (amincissement du cartilage), ostéophytes (excroissances osseuses), condensation de l'os sous-chondral et géodes (cavités osseuses).
  • Biologie : il n'existe pas de syndrome inflammatoire biologique dans l'arthrose pure. Les analyses sanguines (CRP, VS) sont normales, ce qui permet de la distinguer des rhumatismes inflammatoires.
  • Autres examens : l'IRM ou l'échographie articulaire peuvent être utiles dans certains cas pour évaluer l'état du cartilage, des ménisques ou détecter un épanchement.

Il est important de noter qu'il existe souvent une discordance entre l'importance des lésions radiographiques et l'intensité des symptômes.

Traitement

La prise en charge de l'arthrose est globale, combinant mesures non médicamenteuses et traitements pharmacologiques. L'objectif est de soulager la douleur, maintenir la fonction articulaire et ralentir la progression.

Mesures non médicamenteuses (en première intention)

  • Kinésithérapie : renforcement musculaire, entretien de la mobilité, exercices proprioceptifs. C'est un pilier du traitement recommandé par la HAS.
  • Activité physique adaptée : marche, natation, vélo, yoga — des activités à faible impact qui entretiennent le cartilage sans le traumatiser.
  • Perte de poids : en cas de surcharge pondérale, même une perte modeste (5 à 10 %) améliore significativement les symptômes.
  • Orthèses et aides techniques : semelles orthopédiques, genouillères, cannes de marche selon la localisation.

Traitements médicamenteux

  • Antalgiques : le paracétamol en première intention pour les douleurs légères à modérées.
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ibuprofène, diclofénac, (RS)-kétoprofène, piroxicam, indométacine — utilisés ponctuellement lors des poussées. Des inhibiteurs sélectifs de la COX-2 (célécoxib) peuvent être envisagés chez les patients à risque digestif. L'acide acétylsalicylique possède également des propriétés antalgiques et anti-inflammatoires.
  • Anti-arthrosiques d'action lente : la D-glucosamine peut être proposée, bien que son efficacité fasse l'objet de débats dans la littérature scientifique.
  • Infiltrations : injections intra-articulaires de corticoïdes (effet anti-inflammatoire rapide lors des poussées) ou d'acide hyaluronique (viscosupplémentation pour améliorer la lubrification articulaire).

Chirurgie

Lorsque l'arthrose est sévère, invalidante et résistante aux traitements conservateurs, la pose d'une prothèse articulaire (hanche, genou principalement) est envisagée. Cette intervention donne d'excellents résultats fonctionnels dans la grande majorité des cas.

Prévention

  • Maintien d'un poids de forme : limiter la surcharge mécanique sur les articulations portantes reste la mesure préventive la plus efficace.
  • Activité physique régulière et adaptée : 30 minutes par jour d'exercice modéré favorisent la nutrition du cartilage et renforcent la musculature de soutien.
  • Renforcement musculaire : des muscles puissants autour de l'articulation absorbent les chocs et stabilisent l'articulation.
  • Prévention des traumatismes : échauffement avant le sport, port de protections adaptées, traitement précoce des lésions ligamentaires ou méniscales.
  • Ergonomie au travail : adapter les postes de travail pour limiter les gestes répétitifs et les postures contraignantes.

Il n'existe pas de vaccin ni de dépistage systématique pour l'arthrose. La surveillance repose sur le suivi clinique régulier chez les personnes à risque.

Quand consulter en urgence

L'arthrose n'est pas une urgence médicale en soi. Cependant, certaines situations nécessitent une consultation rapide, voire un appel au 15 (SAMU) :

  • Articulation brutalement gonflée, rouge et chaude avec fièvre : cela peut évoquer une arthrite septique (infection articulaire), une urgence qui nécessite une prise en charge immédiate.
  • Douleur articulaire intense et brutale avec impotence fonctionnelle totale : penser à une fracture ou à une crise de goutte.
  • Blocage articulaire complet du genou (impossible de plier ou d'étendre) : possible corps étranger intra-articulaire.
  • Signes généraux associés (fièvre, altération de l'état général, amaigrissement) : ils orientent vers une autre pathologie qu'une simple arthrose.

En dehors de ces situations, consultez votre médecin traitant ou un rhumatologue si vos douleurs articulaires persistent, s'aggravent ou retentissent sur votre qualité de vie.

Questions fréquentes

L'arthrose est-elle inévitable en vieillissant ?

Non. Si la fréquence de l'arthrose augmente avec l'âge, elle n'est pas une fatalité du vieillissement. De nombreuses personnes âgées n'en souffrent jamais. Les facteurs de mode de vie — poids, activité physique, prévention des traumatismes — jouent un rôle déterminant. Agir sur ces leviers permet de réduire significativement le risque et de ralentir l'évolution de la maladie.

Faut-il arrêter le sport quand on a de l'arthrose ?

Au contraire. L'activité physique adaptée est l'un des traitements les plus efficaces de l'arthrose, comme le souligne la HAS. Le mouvement stimule la nutrition du cartilage et renforce les muscles protecteurs. Il convient simplement de privilégier des activités à faible impact (marche, natation, vélo) et d'éviter celles qui provoquent des chocs répétés. Un kinésithérapeute peut vous aider à définir un programme adapté.

L'arthrose et l'arthrite, est-ce la même chose ?

Non. L'arthrose est une maladie mécanique liée à l'usure du cartilage, tandis que l'arthrite désigne une inflammation de l'articulation, pouvant relever de causes auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde), infectieuses ou métaboliques (goutte). Les symptômes diffèrent : dans l'arthrite, la douleur est plutôt nocturne et la raideur matinale prolongée, avec un syndrome inflammatoire biologique. Le traitement et le pronostic sont également distincts.

Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.

Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.