Définition
L'ostéoporose (nom médical : Osteoporosis, code CIM-11 : 2113001430) est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse et une altération de la microarchitecture du tissu osseux. Ces modifications fragilisent l'os et augmentent considérablement le risque de fractures, même lors de traumatismes minimes.
Pour comprendre le mécanisme, il faut savoir que l'os est un tissu vivant en perpétuel renouvellement : des cellules appelées ostéoclastes résorbent l'os ancien, tandis que les ostéoblastes en fabriquent du nouveau. Dans l'ostéoporose, cet équilibre est rompu : la destruction osseuse l'emporte sur la formation, entraînant une perte progressive de masse osseuse. La spécialité médicale de référence est la rhumatologie.
En France, on estime que 3,5 millions de femmes ménopausées sont concernées par cette maladie, qui représente un véritable enjeu de santé publique selon la Haute Autorité de Santé (HAS).
Symptômes
L'ostéoporose est souvent qualifiée de maladie silencieuse : elle évolue pendant des années sans provoquer le moindre symptôme. C'est généralement la survenue d'une fracture qui révèle la maladie.
Les signes et manifestations à connaître :
- Fractures spontanées ou à faible traumatisme : elles surviennent lors de gestes banals (se pencher, tousser, soulever un objet léger). Les localisations les plus fréquentes sont les vertèbres, le col du fémur et le poignet (fracture de Pouteau-Colles).
- Tassements vertébraux : ils peuvent passer inaperçus ou provoquer des douleurs dorsales aiguës. Leur accumulation entraîne une perte de taille (parfois plusieurs centimètres) et une cyphose dorsale (dos voûté).
- Douleurs chroniques du dos : liées aux déformations vertébrales, elles peuvent devenir invalidantes.
- Réduction de la mobilité : les fractures répétées limitent progressivement l'autonomie, en particulier chez les personnes âgées.
Signe d'alerte : toute perte de taille supérieure à 4 cm par rapport à sa taille à 20 ans doit faire suspecter des tassements vertébraux et motiver une consultation.
Causes et facteurs de risque
L'ostéoporose résulte de l'interaction de plusieurs facteurs, certains modifiables, d'autres non.
Facteurs non modifiables
- Âge : la perte osseuse s'accélère naturellement après 50 ans.
- Ménopause : la carence en œstrogènes qui l'accompagne accélère brutalement la résorption osseuse. C'est le principal facteur chez la femme.
- Antécédents familiaux de fracture ostéoporotique (notamment fracture du col fémoral chez un parent).
- Sexe féminin : les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées que les hommes.
- Morphologie : un faible indice de masse corporelle (IMC < 19) est un facteur de risque reconnu.
Facteurs modifiables
- Carence en calcium et en vitamine D : des apports insuffisants privent l'os de ses constituants essentiels.
- Sédentarité : l'absence de contraintes mécaniques sur le squelette freine la formation osseuse.
- Tabagisme et consommation excessive d'alcool : ils altèrent le métabolisme osseux.
- Corticothérapie prolongée : la prise de corticoïdes (prednisone, etc.) pendant plus de trois mois est une cause majeure d'ostéoporose secondaire.
- Autres médicaments et maladies : certaines pathologies (hyperthyroïdie, maladies inflammatoires chroniques) et traitements augmentent le risque.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur des examens spécifiques, à réaliser chez un rhumatologue ou sur prescription du médecin traitant :
- Ostéodensitométrie (DXA) : c'est l'examen de référence. Il mesure la densité minérale osseuse au niveau du rachis lombaire et du col du fémur. Le résultat s'exprime en T-score :
- T-score ≥ -1 : densité normale
- T-score entre -1 et -2,5 : ostéopénie (fragilité modérée)
- T-score ≤ -2,5 : ostéoporose (critère OMS)
- Outil FRAX® : cet algorithme développé par l'OMS calcule le risque de fracture majeure à 10 ans en intégrant les facteurs de risque cliniques. Il aide à la décision thérapeutique.
- Bilan phosphocalcique sanguin : dosage du calcium, du phosphore, de la vitamine D et de la créatinine pour écarter une cause secondaire.
- Radiographies : elles permettent de visualiser des fractures vertébrales passées inaperçues.
L'Assurance Maladie rembourse l'ostéodensitométrie dans des indications précises, notamment après une fracture à faible traumatisme ou en présence de facteurs de risque identifiés.
Traitement
La prise en charge de l'ostéoporose vise à réduire le risque de fractures. Elle associe traitements médicamenteux et mesures non pharmacologiques.
Traitements médicamenteux
- Bisphosphonates (alendronate, risédronate, zolédronate) : traitements de première intention, ils freinent la résorption osseuse. Référencés comme traitement de référence par Wikidata, ils se prennent par voie orale (hebdomadaire ou mensuelle) ou par perfusion annuelle.
- Cholécalciférol (vitamine D3) : indispensable en complément de tout traitement, il favorise l'absorption du calcium et la minéralisation osseuse. Également référencé comme traitement dans les données Wikidata.
- Supplémentation en calcium : prescrite si les apports alimentaires sont insuffisants (objectif : 1 000 à 1 200 mg/jour).
- Dénosumab : anticorps monoclonal injectable (tous les 6 mois), utilisé en alternative aux bisphosphonates.
- Raloxifène : modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes, réservé aux femmes ménopausées à risque vertébral.
- Tériparatide : analogue de la parathormone, réservé aux formes sévères avec au moins deux fractures vertébrales. Il stimule la formation osseuse.
Approches non médicamenteuses
- Activité physique adaptée : exercices en charge (marche, montée d'escaliers), renforcement musculaire et travail de l'équilibre pour prévenir les chutes.
- Alimentation riche en calcium : produits laitiers, eaux minérales calciques, légumes verts, amandes.
- Prévention des chutes : aménagement du domicile, correction des troubles visuels, révision des médicaments favorisant les chutes.
Le suivi est réalisé par le rhumatologue et le médecin traitant, avec une réévaluation régulière du traitement et une ostéodensitométrie de contrôle tous les 2 à 3 ans.
Prévention
La prévention de l'ostéoporose commence dès l'enfance et l'adolescence, période où se constitue le capital osseux maximal (atteint vers 25-30 ans).
- Apports suffisants en calcium : 3 à 4 produits laitiers par jour, eaux riches en calcium (Hépar, Contrex, Courmayeur).
- Vitamine D : exposition solaire modérée (15 min/jour), supplémentation recommandée en hiver, surtout après 65 ans.
- Exercice physique régulier en charge : au moins 30 minutes de marche rapide par jour, complétées par du renforcement musculaire.
- Arrêt du tabac et limitation de la consommation d'alcool.
- Dépistage ciblé : la HAS recommande l'ostéodensitométrie chez les femmes ménopausées présentant des facteurs de risque et après toute fracture à basse énergie après 50 ans.
Quand consulter en urgence
L'ostéoporose n'est pas une urgence vitale en soi, mais certaines de ses complications nécessitent une prise en charge urgente :
- Fracture du col du fémur : douleur intense de la hanche avec impossibilité de se lever après une chute → appelez le 15 (SAMU). Une intervention chirurgicale rapide est indispensable.
- Douleur dorsale ou lombaire brutale et intense après un effort minime : suspicion de fracture vertébrale → consultez en urgence.
- Perte de mobilité soudaine ou signes neurologiques (faiblesse des jambes, troubles sphinctériens) après un épisode douloureux du dos → appelez le 15, un tassement vertébral peut comprimer la moelle épinière.
En dehors de ces situations, consultez votre médecin traitant si vous constatez une perte de taille, des douleurs dorsales persistantes ou si vous présentez des facteurs de risque d'ostéoporose.
Questions fréquentes
L'ostéoporose touche-t-elle uniquement les femmes ?
Non. Si les femmes sont majoritairement touchées en raison de la ménopause, les hommes représentent environ un tiers des fractures ostéoporotiques après 50 ans. L'ostéoporose masculine est souvent sous-diagnostiquée. Les hommes sous corticothérapie prolongée, souffrant d'hypogonadisme ou consommant de l'alcool en excès sont particulièrement à risque.
Peut-on guérir de l'ostéoporose ?
L'ostéoporose est une maladie chronique que l'on ne guérit pas au sens strict, mais que l'on contrôle efficacement. Les traitements actuels permettent de stabiliser, voire d'augmenter la densité osseuse, et surtout de réduire significativement le risque de fractures (jusqu'à 50 % de réduction avec les bisphosphonates). L'essentiel est de maintenir le traitement et le suivi sur le long terme.
Les produits laitiers sont-ils indispensables pour prévenir l'ostéoporose ?
Les produits laitiers constituent la source de calcium la plus accessible, mais ils ne sont pas la seule option. Les eaux minérales riches en calcium, les légumes verts (brocoli, chou frisé), les amandes, les sardines en conserve ou les boissons végétales enrichies en calcium peuvent couvrir les besoins. L'important est d'atteindre un apport quotidien de 1 000 à 1 200 mg de calcium, quelle que soit la source.
Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.
Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.