AccueilDictionnaireMaladies DermatologiquesPsoriasis

Psoriasis

Psoriasis vulgaris

Spécialité
Dermatologie
Prévalence
2-3 % de la population française
Symptômes principaux Plaques rouges recouvertes de squames blanches, démangeaisons, localisation coudes/genoux/cuir chevelu
Causes Maladie auto-immune, prédisposition génétique, stress, infections, certains médicaments
Diagnostic Examen clinique dermatologique, biopsie cutanée si doute
Traitement Dermocorticoïdes, analogues de la vitamine D, photothérapie, méthotrexate, biothérapies (anti-TNF, anti-IL17)
Voici la fiche encyclopédique complète :

Définition

Le psoriasis (nom médical : Psoriasis vulgaris, code CIM-11 : 63698555) est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche 2 à 3 % de la population française, soit environ 1,5 à 2 millions de personnes. Il s'agit d'une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s'emballe et accélère le renouvellement des cellules de l'épiderme : au lieu de se renouveler en 28 jours, les kératinocytes se multiplient en 3 à 5 jours. Cette prolifération excessive provoque un épaississement de la peau et la formation de plaques caractéristiques.

Le psoriasis évolue par poussées entrecoupées de périodes de rémission. Ce n'est ni une maladie contagieuse, ni une maladie liée à un manque d'hygiène. La spécialité médicale concernée est la dermatologie.

Symptômes

La forme la plus fréquente, le psoriasis en plaques, se manifeste par :

  • Plaques rouges bien délimitées, recouvertes de squames blanches ou argentées qui se détachent facilement
  • Démangeaisons (prurit), présentes chez environ 60 à 70 % des patients
  • Sécheresse cutanée (xérose) et sensations de tiraillement
  • Fissures douloureuses, parfois saignantes, notamment aux paumes et aux pieds

Les localisations les plus fréquentes sont les coudes, les genoux, le cuir chevelu, la région lombaire et les ongles. Le psoriasis du cuir chevelu peut être confondu avec des pellicules sévères. L'atteinte unguéale (ongles) se traduit par des petits trous à la surface (dépressions ponctuées), un épaississement ou un décollement de l'ongle.

Signes d'alerte à surveiller : extension rapide des lésions sur plus de 10 % de la surface corporelle (psoriasis sévère), douleurs articulaires (rhumatisme psoriasique, qui touche environ 20 à 30 % des patients), rougeur généralisée avec fièvre (érythrodermie psoriasique) ou pustules diffuses.

Causes et facteurs de risque

Le psoriasis résulte d'une interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux.

Facteurs non modifiables

  • Prédisposition génétique : environ 30 à 40 % des patients ont un antécédent familial. Plusieurs gènes impliqués dans la réponse immunitaire (notamment le gène HLA-Cw6) augmentent la susceptibilité
  • Dérèglement immunitaire : activation excessive des lymphocytes T et production de cytokines inflammatoires (TNF-alpha, interleukines IL-17 et IL-23)

Facteurs modifiables et déclencheurs

  • Stress psychologique : facteur déclencheur ou aggravant reconnu
  • Tabagisme (fumer) : augmente le risque de développer un psoriasis et aggrave les formes existantes
  • Obésité : facteur de risque établi, l'inflammation systémique liée au surpoids entretient la maladie
  • Xérose (sécheresse cutanée) : fragilise la barrière cutanée et favorise les poussées
  • Infections : les angines à streptocoque peuvent déclencher un psoriasis en gouttes, notamment chez l'enfant
  • Certains médicaments : bêtabloquants, lithium, antipaludéens de synthèse, arrêt brutal de corticoïdes oraux
  • Traumatismes cutanés : apparition de plaques sur une zone de blessure (phénomène de Koebner)

Diagnostic

Le diagnostic du psoriasis est essentiellement clinique, réalisé par un médecin généraliste ou un dermatologue. L'examen repose sur l'aspect caractéristique des lésions : plaques érythémato-squameuses bien limitées, à localisations typiques.

Le dermatologue peut utiliser le grattage méthodique de Brocq : en grattant doucement une plaque, on observe successivement un blanchiment en « bougie » puis un saignement en « rosée sanglante » (signe d'Auspitz), très évocateur du psoriasis.

Une biopsie cutanée n'est réalisée qu'en cas de doute diagnostique, notamment pour écarter un eczéma, un lymphome cutané ou une mycose. L'examen histologique montre une hyperprolifération épidermique avec des micro-abcès caractéristiques.

L'évaluation de la sévérité repose sur des scores validés comme le PASI (Psoriasis Area and Severity Index) et le retentissement sur la qualité de vie (DLQI), conformément aux recommandations de la HAS.

Traitement

Le traitement est adapté à la sévérité et au retentissement sur la qualité de vie. Il ne guérit pas la maladie mais contrôle les poussées.

Traitements locaux (formes légères à modérées)

  • Dermocorticoïdes (ex. désonide, désoximétasone) : traitement de première intention pour réduire l'inflammation
  • Analogues de la vitamine D : calcipotriol, tacalcitol — ralentissent la prolifération des kératinocytes, souvent associés aux dermocorticoïdes
  • Rétinoïdes topiques : tazarotène, utilisé sur les plaques résistantes
  • Émollients : indispensables en complément pour restaurer la barrière cutanée et lutter contre la xérose

Photothérapie (formes modérées)

La photothérapie UVB à spectre étroit ou la PUVAthérapie sont proposées en centre spécialisé. Elles réduisent l'inflammation cutanée par l'action des ultraviolets sur les cellules immunitaires.

Traitements systémiques (formes modérées à sévères)

  • Méthotrexate : immunosuppresseur de référence, pris une fois par semaine, avec surveillance hépatique et hématologique régulière
  • Aprémilast : inhibiteur de la phosphodiestérase 4, alternative orale avec un profil de tolérance favorable
  • Fumarate d'éthyle : utilisé dans certaines formes modérées
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens : utiles en cas de rhumatisme psoriasique associé

Biothérapies (formes sévères ou résistantes)

Réservées aux échecs des traitements classiques, les biothérapies ciblent des molécules précises de l'inflammation : anti-TNF alpha (adalimumab, étanercept), anti-IL17 (sécukinumab, ixékizumab), anti-IL23 (guselkumab, risankizumab). Ces traitements, prescrits par le dermatologue hospitalier, offrent des résultats souvent spectaculaires selon la HAS.

Prévention

Il n'est pas possible de prévenir l'apparition du psoriasis, mais on peut réduire la fréquence et la sévérité des poussées :

  • Hydrater quotidiennement la peau avec des émollients adaptés, surtout en hiver
  • Gérer le stress : relaxation, activité physique régulière, sophrologie ou thérapie cognitivo-comportementale
  • Éviter les traumatismes cutanés pour limiter le phénomène de Koebner (grattage, vêtements irritants)
  • Arrêter le tabac : le sevrage tabagique améliore l'évolution de la maladie
  • Maintenir un poids santé : la perte de poids chez les patients obèses améliore la réponse aux traitements (source : Assurance Maladie)
  • Limiter la consommation d'alcool, facteur aggravant reconnu
  • Signaler tout nouveau médicament à son médecin pour éviter les molécules susceptibles de déclencher une poussée

Quand consulter en urgence

Le psoriasis n'est généralement pas une urgence vitale. Cependant, certaines situations nécessitent une consultation rapide ou un appel au 15 (SAMU) :

  • Érythrodermie psoriasique : rougeur généralisée sur plus de 90 % du corps, accompagnée de fièvre, frissons et altération de l'état général — urgence dermatologique nécessitant une hospitalisation
  • Psoriasis pustuleux généralisé : apparition brutale de pustules diffuses avec fièvre élevée et douleurs intenses
  • Signes d'infection cutanée : suintement purulent, fièvre, douleur intense sur les plaques — risque de surinfection
  • Douleurs articulaires invalidantes d'apparition récente, évoquant un rhumatisme psoriasique débutant (consultation rapide en rhumatologie)
  • Détresse psychologique importante liée à la maladie : n'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à contacter un service d'aide

Questions fréquentes

Le psoriasis est-il contagieux ?

Non, le psoriasis n'est absolument pas contagieux. C'est une maladie auto-immune liée à un dérèglement du système immunitaire. On ne peut ni l'attraper ni le transmettre par contact physique, partage de vêtements ou fréquentation d'une piscine. Cette idée reçue est source de stigmatisation et d'isolement social pour les patients.

Peut-on guérir définitivement du psoriasis ?

À ce jour, il n'existe pas de traitement curatif définitif du psoriasis. En revanche, les traitements actuels permettent d'obtenir des rémissions prolongées, parfois complètes, notamment grâce aux biothérapies de dernière génération. L'objectif thérapeutique est de contrôler les poussées, améliorer la qualité de vie et prévenir les complications articulaires. Un suivi dermatologique régulier est recommandé.

L'alimentation joue-t-elle un rôle dans le psoriasis ?

Oui, indirectement. L'obésité est un facteur de risque reconnu et la perte de poids améliore l'efficacité des traitements. Une alimentation équilibrée, riche en oméga-3 (poissons gras, noix) et en antioxydants, peut contribuer à réduire l'inflammation. En revanche, il n'existe pas de « régime anti-psoriasis » scientifiquement validé. La réduction de l'alcool est également conseillée. Parlez-en à votre dermatologue avant de modifier votre alimentation.

Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.

Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.