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Urticaire

Urticaria

Spécialité
Dermatologie / Allergologie
Prévalence
15-20 % de la population au moins une fois dans la vie
Symptômes principaux Plaques rosées en relief (papules), démangeaisons intenses, œdème fugace, lésions migratrices
Causes Allergies (aliments, médicaments), infections, auto-immunité, stress, froid, pression
Diagnostic Clinique, bilan allergologique si récidives, bilan auto-immun si chronique (> 6 semaines)
Traitement Antihistaminiques H1 de 2e génération, omalizumab si chronique réfractaire, adrénaline si anaphylaxie

Définition

L'urticaire (nom médical : Urticaria, code CIM-10 : L50, CIM-11 : 993242399) est une dermatose fréquente caractérisée par l'apparition soudaine de plaques rosées en relief sur la peau, appelées papules ou plaques urticariennes. Elle touche 15 à 20 % de la population au moins une fois au cours de la vie et relève des spécialités de dermatologie et d'allergologie.

Le mécanisme repose principalement sur l'activation des mastocytes, des cellules immunitaires présentes dans la peau. Lorsqu'ils sont stimulés (par un allergène, un facteur physique ou un mécanisme auto-immun), ces mastocytes libèrent de l'histamine et d'autres médiateurs inflammatoires. Cela provoque une vasodilatation locale, une fuite de plasma dans le derme et l'apparition des papules caractéristiques. On distingue l'urticaire aiguë (épisode isolé ou durant moins de 6 semaines) de l'urticaire chronique (poussées persistant au-delà de 6 semaines).

Symptômes

L'urticaire se manifeste par des signes cutanés très reconnaissables :

  • Plaques rosées en relief (papules) : de taille variable, allant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, souvent à contours nets et de couleur rose pâle à rouge.
  • Démangeaisons intenses (prurit) : symptôme cardinal, parfois invalidant, aggravé par le grattage, la chaleur ou le stress.
  • Œdème fugace : chaque lésion individuelle disparaît en général en moins de 24 heures sans laisser de trace, mais de nouvelles plaques peuvent apparaître simultanément.
  • Caractère migrateur : les lésions changent de localisation d'une heure à l'autre, ce qui est un signe distinctif de l'urticaire.

Signes d'alerte devant faire consulter en urgence :

  • Gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge (angio-œdème)
  • Difficulté à respirer ou à avaler
  • Malaise, chute de tension, vertiges (signes d'anaphylaxie)
  • Fièvre associée à des lésions qui persistent au-delà de 24 heures et laissent des ecchymoses (orientation vers une vascularite urticarienne)

Causes et facteurs de risque

Les causes de l'urticaire sont multiples et varient selon la forme aiguë ou chronique :

Urticaire aiguë

  • Allergies alimentaires : fruits à coque, crustacés, œufs, lait, fruits exotiques.
  • Médicaments : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), antibiotiques (pénicillines), produits de contraste iodés.
  • Infections : virales (rhinopharyngite, hépatite) ou bactériennes, cause la plus fréquente chez l'enfant.
  • Piqûres d'insectes : hyménoptères (abeilles, guêpes).

Urticaire chronique

  • Auto-immunité : des auto-anticorps activent directement les mastocytes. Un bilan auto-immun est recommandé par la HAS.
  • Urticaires physiques : déclenchées par le froid, la pression, la chaleur, le soleil, l'effort physique ou les vibrations.
  • Stress et facteurs émotionnels : facteurs aggravants reconnus, bien qu'ils ne soient généralement pas la cause unique.
  • Idiopathique : dans la majorité des cas d'urticaire chronique, aucune cause précise n'est identifiée.

Facteurs de risque : terrain atopique, sexe féminin (prédominance dans l'urticaire chronique), antécédents familiaux d'allergie.

Diagnostic

Le diagnostic de l'urticaire est avant tout clinique, reposant sur l'examen des lésions et l'interrogatoire du patient. Aucun examen complémentaire n'est nécessaire lors d'un premier épisode aigu isolé.

En cas de récidives ou d'urticaire chronique :

  • Bilan allergologique : prick-tests cutanés, dosage des IgE spécifiques en cas de suspicion d'allergie alimentaire ou médicamenteuse.
  • Bilan biologique : NFS, VS, CRP, TSH, anticorps anti-thyroïdiens, anticorps anti-récepteurs FcεRI (bilan auto-immun).
  • Test au sérum autologue : pour identifier une composante auto-immune.
  • Tests physiques : test au glaçon (urticaire au froid), dermographisme (urticaire à la pression), test d'effort.

Spécialiste à consulter : un dermatologue ou un allergologue, en particulier en cas de forme chronique, récidivante ou résistante au traitement de première ligne. La biopsie cutanée n'est indiquée que si l'on suspecte une vascularite urticarienne.

Traitement

La prise en charge suit les recommandations internationales (EAACI/GA²LEN) et les avis de la HAS :

Traitement médicamenteux

  • Première ligne : antihistaminiques H1 de 2e génération — desloratadine, fexofénadine, cétirizine, lévocétirizine, bilastine. Pris quotidiennement, ils sont bien tolérés et peu sédatifs.
  • Deuxième ligne : augmentation de la posologie des antihistaminiques H1 jusqu'à 4 fois la dose standard (selon avis médical).
  • Troisième ligne : omalizumab (anti-IgE injectable), indiqué dans l'urticaire chronique spontanée réfractaire. Efficacité prouvée, prescription hospitalière.
  • Autres antihistaminiques référencés : acrivastine, cyproheptadine, clémastine, tripelennamine (1re génération, plus sédatifs, usage ponctuel).
  • Anti-H2 en appoint : cimétidine, famotidine, parfois associés aux anti-H1 pour un effet complémentaire.
  • Montélukast : anti-leucotriène pouvant être proposé en association, notamment dans certaines urticaires physiques.
  • Adrénaline injectable : traitement d'urgence exclusivement en cas d'anaphylaxie associée.

Approches non médicamenteuses

  • Éviction des facteurs déclenchants identifiés
  • Gestion du stress : relaxation, sophrologie, activité physique adaptée
  • Port de vêtements amples en fibres naturelles pour limiter l'irritation
  • Douches tièdes (éviter l'eau très chaude)

Suivi : réévaluation régulière tous les 3 à 6 mois pour les formes chroniques, avec tentative de diminution progressive du traitement.

Prévention

  • Éviction des allergènes identifiés : lecture des étiquettes alimentaires, signalement des allergies médicamenteuses sur le dossier médical et la carte de groupe sanguin.
  • Carnet alimentaire : recommandé en cas de suspicion d'urticaire alimentaire, permettant de repérer les aliments déclenchants.
  • Gestion du stress : techniques de relaxation, suivi psychologique si nécessaire.
  • Éviter les facteurs physiques connus : protection contre le froid, éviter les bains très chauds ou les compressions prolongées selon le type d'urticaire diagnostiqué.
  • Éviter l'automédication : en particulier les AINS (ibuprofène, aspirine) susceptibles d'aggraver l'urticaire.

Il n'existe pas de vaccin contre l'urticaire. La prévention repose sur l'identification et l'éviction des facteurs déclenchants.

Quand consulter en urgence

L'urticaire est en général bénigne, mais certaines situations nécessitent un avis médical urgent ou un appel au 15 (SAMU) :

  • Gonflement rapide du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge (angio-œdème) pouvant obstruer les voies aériennes
  • Gêne respiratoire : essoufflement, sifflements, sensation d'oppression thoracique
  • Malaise, vertiges, perte de connaissance : signes évocateurs d'un choc anaphylactique
  • Douleurs abdominales intenses associées à l'éruption
  • Fièvre élevée avec éruption urticarienne ne cédant pas

En cas de choc anaphylactique, l'injection d'adrénaline (stylo auto-injecteur type Anapen® ou EpiPen®) est le geste de première urgence, en attendant l'arrivée des secours.

Questions fréquentes

L'urticaire est-elle contagieuse ?

Non, l'urticaire n'est absolument pas contagieuse. C'est une réaction inflammatoire propre à chaque individu, liée à l'activation de cellules immunitaires dans la peau. Même lorsqu'elle est déclenchée par une infection virale, c'est l'infection qui peut se transmettre, pas l'urticaire elle-même.

Combien de temps dure une crise d'urticaire ?

Chaque plaque individuelle disparaît généralement en moins de 24 heures sans laisser de cicatrice. Un épisode d'urticaire aiguë se résout habituellement en quelques jours à quelques semaines. On parle d'urticaire chronique lorsque les poussées se répètent pendant plus de 6 semaines. La forme chronique peut durer plusieurs mois voire années, mais elle finit par disparaître spontanément dans la majorité des cas.

Peut-on guérir définitivement d'une urticaire chronique ?

L'urticaire chronique spontanée connaît une rémission naturelle dans la plupart des cas : environ 50 % des patients sont en rémission à 1 an et 80 % à 5 ans (source : Assurance Maladie). En attendant, les traitements actuels, notamment les antihistaminiques et l'omalizumab, permettent un contrôle efficace des symptômes et une qualité de vie satisfaisante.

Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.

Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.