Définition
L'hépatite B est une infection du foie causée par le virus de l'hépatite B (VHB), un virus à ADN de la famille des hépadnavirus. Après pénétration dans l'organisme, le VHB infecte spécifiquement les hépatocytes (cellules du foie), où il se multiplie. Le système immunitaire tente alors de détruire les cellules infectées, ce qui provoque une inflammation hépatique — c'est cette réaction immunitaire, plus que le virus lui-même, qui endommage le foie.
L'infection évolue en deux phases possibles : une hépatite aiguë, qui guérit spontanément dans plus de 90 % des cas chez l'adulte, et une hépatite chronique (persistance du virus au-delà de 6 mois), qui concerne environ 5 % des adultes infectés mais jusqu'à 90 % des nourrissons contaminés à la naissance. En France, on estime à 280 000 le nombre de porteurs chroniques du VHB, dont près de la moitié ignore son statut (source : Santé publique France).
Non traitée, l'hépatite B chronique peut évoluer vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie), ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique.
Symptômes
L'hépatite B est souvent asymptomatique, en particulier lors de la phase chronique. Lorsque des symptômes apparaissent, ils surviennent généralement 2 à 3 mois après la contamination (phase aiguë) :
- Fatigue intense et persistante, parfois invalidante
- Jaunisse (ictère) : coloration jaune de la peau et du blanc des yeux
- Urines foncées (couleur brun foncé, dites « porto »)
- Selles décolorées (claires, argileuses)
- Douleurs abdominales, surtout dans la région du foie (hypocondre droit)
- Nausées, vomissements, perte d'appétit
- Douleurs articulaires et musculaires
- Fièvre modérée
Évolution : chez l'adulte, la phase aiguë dure quelques semaines à quelques mois. La majorité des patients guérissent complètement. En revanche, les porteurs chroniques peuvent rester asymptomatiques pendant des années tout en développant silencieusement des lésions hépatiques.
Signes d'alerte d'une forme grave (hépatite fulminante) : confusion mentale, somnolence excessive, saignements spontanés, aggravation rapide de la jaunisse. Cette forme, rare (moins de 1 % des cas), constitue une urgence vitale.
Causes et facteurs de risque
Le VHB se transmet par contact avec des liquides biologiques infectés (sang, sécrétions sexuelles). Les principaux modes de transmission sont :
- Transmission sexuelle : rapports non protégés avec un partenaire infecté — c'est la première voie de contamination en France
- Transmission sanguine : partage de matériel d'injection (usagers de drogues), tatouage ou piercing avec du matériel non stérilisé, accident d'exposition au sang en milieu de soins
- Transmission de la mère à l'enfant : lors de l'accouchement, si la mère est porteuse du virus
- Transmission intrafamiliale : partage d'objets de toilette (rasoir, brosse à dents) souillés de sang
Facteurs de risque :
- Partenaires sexuels multiples sans protection
- Usage de drogues par voie intraveineuse
- Professionnels de santé exposés au sang
- Personnes originaires de zones de forte endémie (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est)
- Absence de vaccination
Le VHB ne se transmet pas par la salive, les postillons, le partage de couverts, les embrassades ou les moustiques.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur une sérologie VHB, un simple prélèvement sanguin qui recherche plusieurs marqueurs :
- Antigène HBs (AgHBs) : sa présence signe une infection en cours (aiguë ou chronique)
- Anticorps anti-HBc : témoignent d'un contact passé ou présent avec le virus
- Anticorps anti-HBs : indiquent une guérison ou une immunité post-vaccinale (taux protecteur ≥ 10 UI/L)
En cas d'hépatite chronique confirmée, le bilan est complété par :
- La charge virale (ADN du VHB) pour évaluer la réplication du virus
- Un bilan hépatique complet (transaminases ALAT/ASAT, bilirubine, albumine)
- Un FibroScan (élastométrie hépatique) ou des tests sanguins de fibrose pour évaluer l'atteinte du foie
Le spécialiste référent est l'hépato-gastro-entérologue. La HAS recommande un dépistage systématique chez les personnes à risque et le propose au moins une fois dans la vie pour l'ensemble de la population adulte.
Traitement
Hépatite aiguë : il n'existe pas de traitement antiviral spécifique. La prise en charge repose sur le repos, une bonne hydratation et la surveillance médicale. La guérison spontanée survient dans plus de 95 % des cas chez l'adulte immunocompétent.
Hépatite chronique active : un traitement antiviral est indiqué lorsque la réplication virale est significative et que des lésions hépatiques sont présentes. Les molécules de référence sont :
- Entécavir ou ténofovir (analogues nucléos(t)idiques) : pris par voie orale au long cours, ils suppriment efficacement la réplication virale avec un excellent profil de tolérance
- Interféron pégylé alpha : traitement injectable d'une durée limitée (48 semaines), réservé à certains profils de patients, offrant une chance de contrôle immunologique durable
Suivi : les porteurs chroniques, traités ou non, nécessitent une surveillance régulière (tous les 6 à 12 mois) comprenant bilan hépatique, charge virale et dépistage du cancer du foie par échographie abdominale, en particulier en cas de cirrhose.
L'objectif du traitement n'est pas toujours l'élimination complète du virus, mais le contrôle de la réplication virale pour prévenir la progression vers la cirrhose et le cancer du foie.
Prévention
La prévention de l'hépatite B repose sur trois piliers :
- La vaccination : obligatoire en France depuis 2018 pour tous les nourrissons (schéma à 2, 4 et 11 mois). Un rattrapage vaccinal est recommandé pour les personnes non vaccinées, en particulier les groupes à risque. Le vaccin est sûr, efficace à plus de 95 % et confère une protection durable (source : OMS, calendrier vaccinal de la HAS)
- La protection lors des rapports sexuels : utilisation systématique du préservatif avec tout nouveau partenaire ou partenaire dont le statut sérologique est inconnu
- La réduction des risques liés au sang : ne jamais partager le matériel d'injection, de sniff ou d'inhalation ; s'assurer de la stérilisation du matériel pour les tatouages et piercings ; ne pas partager les objets de toilette coupants
Pour les nouveau-nés de mères porteuses du VHB, une sérovaccination (injection d'immunoglobulines + vaccination) dans les 12 premières heures de vie permet de prévenir la transmission dans plus de 95 % des cas.
Quand consulter en urgence
L'hépatite B ne constitue généralement pas une urgence. Cependant, appelez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences si vous présentez :
- Une confusion mentale ou une somnolence inhabituelle (signes d'encéphalopathie hépatique)
- Des saignements spontanés (gencives, nez) ou des ecchymoses sans cause apparente
- Une jaunisse d'aggravation rapide associée à une altération de l'état général
- Des vomissements incoercibles empêchant toute alimentation ou hydratation
Ces signes peuvent évoquer une hépatite fulminante, une complication rare mais potentiellement mortelle nécessitant une prise en charge en réanimation hépatologique, voire une transplantation hépatique en urgence.
En dehors de l'urgence, consultez votre médecin traitant si vous pensez avoir été exposé au virus, si vous présentez une fatigue prolongée inexpliquée, ou si vous n'êtes pas sûr de votre statut vaccinal.
Questions fréquentes
Peut-on guérir définitivement de l'hépatite B ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Chez l'adulte, plus de 90 % des hépatites B aiguës guérissent spontanément, avec développement d'anticorps protecteurs définitifs. En revanche, l'hépatite B chronique ne se guérit que rarement de manière complète : les traitements actuels permettent de contrôler le virus efficacement et de prévenir les complications, mais une élimination totale du VHB reste exceptionnelle. La recherche progresse néanmoins vers de nouvelles stratégies thérapeutiques visant la guérison fonctionnelle.
La vaccination contre l'hépatite B est-elle dangereuse ?
Non. Les études scientifiques menées à grande échelle, notamment par l'OMS et la HAS, confirment que le vaccin contre l'hépatite B présente un excellent profil de sécurité. L'hypothèse d'un lien avec la sclérose en plaques, soulevée dans les années 1990, a été réfutée par de nombreuses études internationales. Les effets secondaires sont généralement bénins : douleur au point d'injection, fatigue passagère ou légère fièvre. Le bénéfice de la vaccination est largement supérieur aux risques.
Puis-je transmettre l'hépatite B en embrassant quelqu'un ou en partageant un repas ?
Non. Le VHB ne se transmet pas par la salive (sauf en cas de lésion buccale saignante), les postillons, les câlins, le partage de couverts ou de nourriture. La transmission nécessite un contact avec du sang ou des sécrétions sexuelles. Les gestes de la vie quotidienne (se serrer la main, travailler ensemble, partager un repas) ne présentent aucun risque de contamination.
Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.
Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.