Définition
L'infection urinaire basse, communément appelée cystite (nom médical : Cystitis), est une infection bactérienne de la vessie. Elle touche principalement les femmes : une femme sur deux connaîtra au moins un épisode au cours de sa vie, en raison de la brièveté de l'urètre féminin (environ 4 cm contre 20 cm chez l'homme), qui facilite la remontée des bactéries vers la vessie.
Dans 80 % des cas, le germe responsable est Escherichia coli, une bactérie naturellement présente dans la flore digestive. Elle colonise d'abord la région périnéale, puis remonte par l'urètre jusqu'à la muqueuse vésicale, où elle provoque une réaction inflammatoire. Plus rarement, d'autres agents infectieux peuvent être impliqués, notamment Schistosoma (responsable de cystites parasitaires dans les zones d'endémie bilharzienne).
La cystite simple n'est pas une urgence médicale et relève de la médecine générale ou de l'urologie en cas de récidives. Elle ne s'accompagne pas de fièvre ; la présence de fièvre doit faire suspecter une atteinte rénale (pyélonéphrite) nécessitant une prise en charge différente.
Symptômes
Les symptômes de la cystite apparaissent généralement de façon brutale et associent :
- Brûlures mictionnelles (dysurie) : douleur ou sensation de brûlure en urinant, signe le plus caractéristique
- Pollakiurie : besoin fréquent et urgent d'uriner, avec émission de petites quantités d'urine à chaque miction
- Urines troubles, parfois malodorantes
- Douleurs pelviennes ou douleurs abdominales basses, sous forme de pesanteur sus-pubienne
- Hématurie : présence de sang dans les urines (urines rosées ou rouges), fréquente et généralement bénigne dans ce contexte
Signes d'alerte devant faire suspecter une complication :
- Fièvre supérieure à 38 °C (oriente vers une pyélonéphrite)
- Douleurs lombaires unilatérales
- Frissons, altération de l'état général
- Symptômes persistant malgré le traitement après 72 heures
Causes et facteurs de risque
Facteurs non modifiables :
- Anatomie féminine : l'urètre court et la proximité entre le méat urinaire, le vagin et l'anus favorisent la contamination bactérienne
- Prédisposition génétique : certaines femmes présentent des récepteurs vésicaux facilitant l'adhérence d'E. coli
- Ménopause : la carence en œstrogènes modifie la flore vaginale protectrice
Facteurs modifiables :
- Rapports sexuels : les frottements mécaniques favorisent la migration bactérienne (« cystite de la lune de miel »)
- Stase urinaire : mictions trop espacées, hydratation insuffisante
- Certains contraceptifs : spermicides, diaphragme
- Constipation chronique, qui favorise la prolifération bactérienne périnéale
Dans les zones tropicales, une infection à Schistosoma (bilharziose urinaire) peut également provoquer une cystite parasitaire, avec un mécanisme différent impliquant les œufs du parasite dans la paroi vésicale.
Diagnostic
Le diagnostic de la cystite simple repose avant tout sur l'interrogatoire clinique (symptômes typiques chez une femme sans facteur de complication).
Examens complémentaires :
- Bandelette urinaire (BU) : examen de première intention, réalisable en cabinet ou en pharmacie. Elle détecte les leucocytes (témoins de l'inflammation) et les nitrites (témoins de la présence de certaines bactéries). Selon la HAS, une BU négative (leucocytes et nitrites négatifs) a une excellente valeur prédictive négative et doit faire reconsidérer le diagnostic.
- ECBU (examen cytobactériologique des urines) : indiqué en cas de cystite récidivante (plus de 3 épisodes par an), de cystite compliquée (grossesse, anomalie urologique, immunodépression) ou d'échec thérapeutique. Il identifie le germe et son antibiogramme.
Le spécialiste à consulter est le médecin généraliste en première intention, ou l'urologue en cas de récidives fréquentes ou d'anomalie anatomique suspectée.
Traitement
Traitement antibiotique de la cystite simple (recommandations HAS/ANSM) :
- 1ʳᵉ intention : fosfomycine-trométamol (Monuril®) en dose unique (3 g). Traitement de référence grâce à son efficacité, sa simplicité et son faible impact sur le microbiote
- 2ᵉ intention : pivmécillinam (Selexid®) pendant 5 jours
- En dernier recours : fluoroquinolones (ciprofloxacine, loméfloxacine) ou autres antibiotiques guidés par l'antibiogramme (céfixime, amoxicilline, ampicilline, acide nalidixique, sulfafurazol, nitroxoline)
Cas particuliers :
- La méthénamine (Hexamédine urinaire) peut être utilisée en prévention des récidives
- Chez la femme enceinte, un ECBU est systématique et le traitement est adapté au germe identifié
Mesures associées : boire abondamment pour favoriser l'élimination bactérienne. Les symptômes s'améliorent généralement en 24 à 48 heures. Si aucune amélioration n'est constatée après 72 heures, une consultation de suivi s'impose.
Prévention
- Hydratation suffisante : boire au moins 1,5 litre d'eau par jour pour assurer une diurèse régulière
- Mictions régulières : ne pas se retenir, uriner toutes les 2 à 3 heures
- Miction post-coïtale : uriner dans les 15 à 30 minutes suivant un rapport sexuel
- Hygiène adaptée : s'essuyer d'avant en arrière, éviter les produits d'hygiène intime agressifs
- Canneberge (cranberry) : les proanthocyanidines qu'elle contient réduiraient l'adhérence d'E. coli à la muqueuse vésicale. Selon l'Assurance Maladie, les preuves restent modestes, mais la supplémentation peut être envisagée en complément
- Œstrogènes locaux chez la femme ménopausée (sur prescription médicale)
Quand consulter en urgence
La cystite simple ne constitue pas une urgence. Cependant, consultez rapidement ou appelez le 15 (SAMU) si vous présentez :
- Fièvre supérieure à 38,5 °C avec frissons : risque de pyélonéphrite ou de sepsis urinaire
- Douleurs lombaires intenses, unilatérales, irradiant vers l'aine
- Nausées, vomissements, confusion : signes d'infection sévère
- Anurie (absence totale d'urine) : possible obstruction des voies urinaires
- Symptômes chez une femme enceinte, un patient diabétique ou immunodéprimé : ces situations sont considérées comme des cystites compliquées
Chez l'homme, toute infection urinaire est par définition compliquée et nécessite une consultation médicale sans délai.
Questions fréquentes
La cystite est-elle contagieuse ?
Non, la cystite n'est pas contagieuse. Elle résulte de la migration de bactéries issues de la propre flore digestive de la patiente. Elle ne se transmet ni par les rapports sexuels, ni par le contact avec une personne infectée, bien que les rapports sexuels constituent un facteur favorisant mécanique.
Peut-on guérir d'une cystite sans antibiotiques ?
Certaines cystites simples peuvent effectivement régresser spontanément en quelques jours grâce à une hydratation importante. Toutefois, les recommandations françaises (HAS) préconisent un traitement antibiotique pour soulager rapidement les symptômes, réduire la durée de l'infection et prévenir les complications. L'automédication est déconseillée.
Que faire en cas de cystites à répétition ?
On parle de cystites récidivantes à partir de 4 épisodes par an. Un ECBU est recommandé pour identifier le germe. Le médecin peut proposer une antibioprophylaxie au long cours, un traitement post-coïtal, ou la méthénamine en prévention. Un bilan urologique (échographie, consultation spécialisée) peut être indiqué pour rechercher une cause anatomique ou fonctionnelle sous-jacente.
Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.
Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.