Définition
L'accident vasculaire cérébral (AVC), également appelé ictus cerebri en terminologie médicale (code CIM-11 : 1442995018), désigne l'interruption brutale de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. Chaque année en France, environ 150 000 personnes sont victimes d'un AVC, ce qui en fait la première cause de handicap acquis chez l'adulte et la troisième cause de mortalité.
On distingue deux types principaux :
- L'AVC ischémique (85 % des cas) : un caillot sanguin obstrue une artère cérébrale, privant les neurones d'oxygène et de glucose. Les cellules cérébrales commencent à mourir en quelques minutes.
- L'AVC hémorragique (15 % des cas) : une artère cérébrale se rompt, provoquant un saignement dans le tissu cérébral. La compression et l'inflammation qui en résultent détruisent les neurones environnants.
Dans les deux cas, chaque minute compte : on estime que 1,9 million de neurones sont détruits par minute d'ischémie non traitée. C'est pourquoi l'AVC constitue une urgence médicale absolue.
Symptômes
Les symptômes apparaissent brutalement, en quelques secondes à quelques minutes. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de retenir l'acronyme VITE :
- V — Visage paralysé : la bouche dévie d'un côté, le sourire est asymétrique, la paupière tombe.
- I — Inertie d'un membre : perte de force ou engourdissement soudain d'un bras, d'une jambe ou de tout un côté du corps (hémiparésie ou hémiplégie).
- T — Trouble de la parole : difficulté à parler, mots incompréhensibles, incapacité à comprendre ce qui est dit (aphasie).
- E — En urgence, appelez le 15 : composez immédiatement le SAMU.
D'autres signes doivent alerter :
- Vertiges soudains avec perte d'équilibre
- Maux de tête violents et inhabituels (surtout en cas d'AVC hémorragique)
- Troubles visuels soudains : perte de la vision d'un œil, vision double
- Confusion ou désorientation brutale
Attention : un accident ischémique transitoire (AIT) provoque les mêmes symptômes mais de façon passagère (quelques minutes à une heure). Il constitue un signal d'alarme majeur car il précède souvent un AVC constitué.
Causes et facteurs de risque
Le mécanisme central est soit l'obstruction d'une artère cérébrale (par un thrombus ou une embolie), soit la rupture d'une artère fragilisée.
Facteurs de risque modifiables
- Hypertension artérielle : premier facteur de risque, responsable d'environ 50 % des AVC
- Fibrillation auriculaire (FA) : ce trouble du rythme cardiaque favorise la formation de caillots dans le cœur, qui peuvent migrer vers le cerveau
- Tabagisme : facteur de risque confirmé (source : Wikidata), le tabac accélère l'athérosclérose et favorise la formation de caillots
- Diabète, hypercholestérolémie, obésité
- Sédentarité et alimentation déséquilibrée
- Consommation excessive d'alcool
Facteurs de risque non modifiables
- Âge (risque doublé tous les 10 ans après 55 ans)
- Antécédents familiaux d'AVC
- Sexe masculin (incidence légèrement plus élevée, mais mortalité plus forte chez les femmes)
- Antécédent personnel d'AIT ou d'AVC
Diagnostic
Le diagnostic doit être posé en extrême urgence pour orienter le traitement. Les spécialités concernées sont la neurologie et la cardiologie.
- Scanner cérébral sans injection : examen de première intention réalisé dès l'arrivée aux urgences. Il permet de distinguer un AVC ischémique d'un AVC hémorragique en quelques minutes.
- IRM cérébrale : plus sensible que le scanner, elle détecte les lésions ischémiques précoces grâce aux séquences de diffusion.
- Angio-scanner ou angio-IRM : visualise les artères cérébrales pour localiser l'obstruction ou la rupture.
- Échelle ROSIER (Recognition of Stroke in the Emergency Room) : outil de dépistage rapide utilisé aux urgences pour évaluer la probabilité d'un AVC (source : Wikidata).
- Orpington Prognostic Scale : échelle pronostique utilisée pour évaluer la sévérité de l'atteinte et orienter la prise en charge rééducative (source : Wikidata).
Un bilan cardiologique complet (ECG, échographie cardiaque) est systématiquement réalisé pour rechercher une cause emboligène, notamment la fibrillation auriculaire.
Traitement
Traitement d'urgence de l'AVC ischémique
- Thrombolyse intraveineuse : injection d'un médicament (altéplase) qui dissout le caillot. Elle doit être administrée dans les 4 heures 30 suivant le début des symptômes selon les recommandations de la HAS.
- Thrombectomie mécanique : retrait du caillot par voie endovasculaire à l'aide d'un cathéter. Possible jusqu'à 6 à 24 heures après le début des symptômes dans certains cas sélectionnés.
Traitement de l'AVC hémorragique
- Contrôle strict de la pression artérielle
- Chirurgie neurochirurgicale dans certains cas (évacuation d'un hématome volumineux)
Traitements au long cours
- Antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel) ou anticoagulants en cas de FA
- Pentoxifylline : médicament améliorant la microcirculation sanguine, utilisé dans certaines indications post-AVC (source : Wikidata)
- Rééducation neurologique : kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie — débutée le plus tôt possible pour maximiser la récupération grâce à la plasticité cérébrale
Prévention
Selon l'Assurance Maladie et l'OMS, 80 % des AVC pourraient être évités grâce à la prévention des facteurs de risque modifiables :
- Contrôler sa tension artérielle : objectif inférieur à 140/90 mmHg (consultation régulière, automesure)
- Traiter la fibrillation auriculaire : anticoagulants oraux prescrits par le cardiologue pour réduire le risque embolique
- Arrêter le tabac : le risque d'AVC diminue significativement dès la première année de sevrage
- Pratiquer une activité physique régulière : au moins 30 minutes de marche rapide par jour, 5 jours par semaine
- Adopter une alimentation équilibrée : limiter le sel, privilégier les fruits, légumes, poissons gras
- Surveiller le cholestérol et la glycémie
- Limiter la consommation d'alcool
Quand consulter en urgence
L'AVC est une urgence absolue. Appelez le 15 (SAMU) immédiatement si vous observez l'un de ces signes chez vous ou un proche :
- Déformation soudaine du visage
- Faiblesse ou paralysie d'un côté du corps
- Troubles de la parole ou de la compréhension apparus brutalement
- Perte de vision d'un œil ou vision double soudaine
- Mal de tête brutal, intense et inhabituel
- Vertiges soudains avec perte d'équilibre
Ne conduisez jamais vous-même la personne à l'hôpital. Le SAMU oriente directement vers une unité neuro-vasculaire (UNV) équipée pour le traitement en urgence. Notez l'heure exacte d'apparition des premiers symptômes : cette information est cruciale pour décider du traitement.
Questions fréquentes
Peut-on récupérer complètement après un AVC ?
La récupération dépend de la rapidité de prise en charge, de la localisation et de l'étendue de la lésion. Environ un tiers des patients récupèrent sans séquelles significatives, un tiers conservent des séquelles modérées, et un tiers gardent des séquelles lourdes. La rééducation précoce et intensive améliore considérablement les chances de récupération grâce à la plasticité cérébrale, qui permet au cerveau de réorganiser ses connexions.
Un AVC peut-il toucher une personne jeune ?
Oui. Bien que le risque augmente avec l'âge, environ 25 % des AVC surviennent chez des personnes de moins de 65 ans, et près de 10 % chez des moins de 45 ans. Chez le sujet jeune, les causes peuvent inclure des dissections artérielles, des malformations vasculaires ou des troubles de la coagulation. Le tabagisme, la contraception œstroprogestative et la consommation de drogues sont des facteurs de risque spécifiques à cette tranche d'âge.
Quelle est la différence entre un AVC et un AIT ?
L'accident ischémique transitoire (AIT) provoque les mêmes symptômes qu'un AVC ischémique, mais ceux-ci disparaissent spontanément en moins d'une heure, sans lésion cérébrale visible à l'IRM. L'AIT constitue néanmoins un signal d'alarme majeur : le risque d'AVC constitué est de 10 à 20 % dans les jours qui suivent. Toute suspicion d'AIT nécessite une consultation en urgence et un bilan complet pour identifier et traiter la cause.
Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.
Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.