Définition
L'infarctus du myocarde, communément appelé « crise cardiaque », est une urgence cardiovasculaire caractérisée par la nécrose (mort cellulaire) d'une partie du muscle cardiaque. Il survient lorsqu'une artère coronaire se bouche brutalement, privant le cœur de l'oxygène dont il a besoin pour fonctionner.
Le mécanisme est le suivant : au fil des années, des dépôts de graisses (plaques d'athérome) s'accumulent sur la paroi interne des artères coronaires. C'est l'athérosclérose. Lorsqu'une de ces plaques se fissure, un caillot sanguin (thrombose coronarienne) se forme et obstrue l'artère. Le territoire cardiaque en aval n'est plus irrigué et commence à se détruire en quelques minutes.
Classé sous le code CIM-10 I21, l'infarctus du myocarde touche environ 80 000 personnes par an en France selon la Fédération Française de Cardiologie. Il reste l'une des premières causes de mortalité, mais sa prise en charge a considérablement progressé ces dernières décennies.
Symptômes
Le signe cardinal est une douleur thoracique intense, ressentie comme un étau ou une oppression violente au centre de la poitrine. Cette douleur présente des caractéristiques très évocatrices :
- Irradiation vers le bras gauche, la mâchoire, le dos ou l'estomac
- Durée prolongée (plus de 20 minutes), ne cédant pas au repos ni à la prise de trinitrine
- Sueurs froides abondantes et profuses
- Nausées ou vomissements
- Sensation d'angoisse intense, parfois impression de mort imminente
- Essoufflement et difficulté à respirer
L'infarctus peut être précédé d'épisodes d'angine de poitrine (douleurs thoraciques à l'effort, réversibles au repos), qui constituent un signal d'alerte majeur. Dans les formes graves, un œdème pulmonaire peut apparaître, témoignant d'une défaillance du cœur.
Attention : chez les femmes, les personnes âgées et les diabétiques, les symptômes peuvent être atypiques — simple fatigue inhabituelle, douleur abdominale ou malaise isolé. Tout symptôme inhabituel et persistant doit alerter.
Causes et facteurs de risque
La cause directe est la rupture d'une plaque d'athérome suivie d'une thrombose dans une artère coronaire. Plusieurs facteurs augmentent considérablement ce risque :
Facteurs modifiables
- Tabagisme — le facteur de risque majeur chez le sujet jeune, il favorise la formation des plaques et les spasmes artériels
- Hypercholestérolémie — un excès de LDL-cholestérol accélère l'athérosclérose
- Hypertension artérielle — elle fragilise la paroi des artères
- Diabète sucré — il endommage les vaisseaux sanguins de manière chronique
- Obésité et sédentarité — elles aggravent l'ensemble des facteurs métaboliques
- Alimentation riche en graisses saturées et en sel
- Stress chronique et consommation excessive d'alcool
Facteurs non modifiables
- Âge (risque accru après 50 ans chez l'homme, 60 ans chez la femme)
- Sexe masculin (avant la ménopause, les femmes sont relativement protégées)
- Antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires
Diagnostic
Le diagnostic de l'infarctus du myocarde repose sur un faisceau d'arguments cliniques et paracliniques, et doit être posé en urgence :
- Électrocardiogramme (ECG) — examen de première intention, réalisé dès l'arrivée du SAMU. Il met en évidence des anomalies caractéristiques (sus-décalage du segment ST) qui orientent la prise en charge immédiate.
- Dosage de la troponine sanguine — cette protéine cardiaque est libérée dans le sang lorsque les cellules du cœur sont détruites. Son élévation confirme le diagnostic d'infarctus.
- Coronarographie — examen de référence qui consiste à injecter un produit de contraste dans les artères coronaires pour visualiser l'obstruction et la traiter dans le même temps.
Le spécialiste référent est le cardiologue, en lien avec les équipes d'urgence et de soins intensifs cardiologiques (USIC).
Traitement
Prise en charge en urgence
Chaque minute compte. L'objectif est de rouvrir l'artère bouchée le plus rapidement possible :
- Angioplastie coronaire — technique de référence, elle consiste à dilater l'artère obstruée à l'aide d'un ballonnet et à poser un stent (ressort métallique) pour la maintenir ouverte. Elle doit être réalisée idéalement dans les 90 minutes suivant le diagnostic.
- Thrombolyse — injection intraveineuse d'un médicament dissolvant le caillot (comme la streptokinase), utilisée lorsque l'angioplastie n'est pas accessible rapidement.
- Pontage coronarien — chirurgie réservée aux atteintes de plusieurs artères, consistant à contourner les zones obstruées.
Traitement médicamenteux au long cours
Après la phase aiguë, un traitement quotidien est prescrit à vie pour prévenir la récidive :
- Bêtabloquants (métoprolol, bisoprolol, aténolol, carvédilol) — ils ralentissent le cœur et réduisent sa consommation en oxygène
- Antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel) — ils fluidifient le sang
- Inhibiteurs calciques (vérapamil) — dans certaines indications spécifiques
- Antithrombotiques (tirofiban) — en phase hospitalière
- Statines, inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et autres traitements adaptés au profil du patient
La réadaptation cardiaque en centre spécialisé est fortement recommandée par la HAS après un infarctus. Elle associe activité physique encadrée, éducation thérapeutique et accompagnement psychologique.
Prévention
La majorité des infarctus sont évitables grâce à des mesures concrètes, validées par l'OMS et la HAS :
- Arrêt total du tabac — le risque cardiovasculaire diminue de moitié dès un an d'arrêt
- Alimentation équilibrée — privilégier le régime méditerranéen (fruits, légumes, poisson, huile d'olive), limiter les graisses saturées et le sel
- Activité physique régulière — au moins 30 minutes de marche rapide par jour, selon les recommandations de l'Assurance Maladie
- Contrôle du cholestérol et de la glycémie par un suivi médical régulier
- Surveillance de la tension artérielle
- Maintien d'un poids de forme
- Gestion du stress par des techniques de relaxation ou un accompagnement adapté
Un bilan cardiovasculaire régulier est recommandé à partir de 40 ans, ou plus tôt en cas d'antécédents familiaux.
Quand consulter en urgence
Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 si vous présentez :
- Une douleur thoracique intense durant plus de 5 minutes, en étau, ne cédant pas au repos
- Une douleur irradiant vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos
- Des sueurs froides associées à des nausées ou un malaise
- Un essoufflement brutal inhabituel
- Une perte de connaissance
En attendant les secours : restez au repos, ne faites aucun effort, desserrez vos vêtements. Si vous avez de la trinitrine prescrite, prenez-la. Ne conduisez jamais vous-même aux urgences.
Questions fréquentes
Peut-on survivre à un infarctus du myocarde ?
Oui. Grâce aux progrès de la médecine d'urgence et de l'angioplastie, la survie s'est considérablement améliorée. Lorsqu'il est pris en charge rapidement (dans les deux premières heures), le pronostic est nettement meilleur. Après un infarctus, la plupart des patients reprennent une vie normale avec un traitement adapté et une réadaptation cardiaque.
Un infarctus peut-il toucher une personne jeune ?
Oui, bien que le risque augmente avec l'âge, l'infarctus peut frapper dès 30-40 ans, en particulier chez les fumeurs, les personnes obèses ou celles ayant un terrain familial prédisposant. Les infarctus du sujet jeune sont en augmentation, notamment chez les femmes fumeuses sous contraception orale.
Quelle est la différence entre angine de poitrine et infarctus ?
L'angine de poitrine (angor) est une douleur thoracique transitoire liée à un rétrécissement partiel d'une artère coronaire : elle survient à l'effort et cède au repos en quelques minutes. L'infarctus correspond à une obstruction complète de l'artère, provoquant une nécrose irréversible du muscle cardiaque. L'angine de poitrine est un signal d'alerte qui nécessite une prise en charge pour éviter l'infarctus.
Avertissement : Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation.
Avertissement : Les informations de cette fiche sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez votre médecin traitant pour un diagnostic et un traitement adaptés. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.